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La fin de l'émission Napalm Jazz
à CKIA, en 2000 (qui provoqua également un long
hiatus pour le groupe du même nom) n'a pas pour autant découragé
les membres du groupe, qui continuèrent, et multiplièrent
leurs collaborations entre eux, et avec de plus en plus d'autres
musiciens. Mais le duo infernal d'Aimé Dontigny et Érick
Dorion, ce noyau dur que ses protagonistes se plaisent à
éclater pour notre plus grand bonheur sonore, subsiste:
il s'appelle maintenant morceaux_de_machines.
Si le médium n'est plus la radio,
il n'en demeure pas moins que Dontigny et Dorion ont gardé
intact le côté immédiat et sans concession
de leur démarche des premières années. Improvisateurs
aguerris, ils savent amener l'auditeur consentant dans une aventure
sonore qui les laissera pantois plus d'une fois. Mais si ce dynamisme
et cette tension nous semble quasiment théâtraux,
c'est qu'il s'agirait d'une sorte de théâtre de la
cruauté, imperméable aux fausses sentimentalités
de l'harmonie et férocement déconstructeur des systèmes
déifiants tel celui de Bach.
Ne s'agit-il pas que de bruit? Non, il y
a bien plus dans ces trames sonores éxubérantes
et vivifiantes. Bien plus que le superficiel affront que le volume
élevé de leurs compositions fait à la politesse
des musiques trop aimables ou trop modestes. Si nos acrobates
machinistes font un tel tapage, c'est qu'ils ont une conscience
toute aiguë du risque de l'acrobatie. Ce faisant, ils en
viennent à une musique vivante, hautement personnelle et
fort profonde.
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